Lettre ouverte aux députées et députés du Parlement bruxellois Au sujet de l’abattage rituel juif et islamique.

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Edité par Lhoucine BENLAIL Directeur accrédité
SAWT ALHAKIKA pour l’Europe

auteur X. Bruxelles, le 9 février 2022,

Madame la Députée, Monsieur le Député,

Nous voici à quelques semaines d’un vote au Parlement bruxellois qui va sceller le sort de l’abattage rituel à Bruxelles.
En tant que citoyen belge de confession musulmane, je suis inquiet.
Je suis inquiet qu’on réduise le bien-être des animaux d’élevage à leur mise à mort uniquement. Je suis inquiet de ce lien qui est tissé à force de répétition entre « cruauté », « barbarie », « pratique moyenâgeuse » et abattage rituel.
Alors qu’en réalité l’abattage rituel est une pratique ancestrale qui vise à réduire au maximum la pénibilité du dernier instant pour l’animal. Faut-il encore préciser qu’aucune âme sensée ne souhaite qu’un être vivant ne souffre !
Je m’étonne que l’on parle d’« étourdissement réversible » alors que la majorité des abattoirs de bovins et d’ovins pratiquent un étourdissement irréversible qu’on appelle « assommage ». L’assommage des bêtes est une mise à mort en soi. Ce n’est pas un étourdissement réversible. C’est bien une étape irréversible dans le processus.
Aujourd’hui, ce débat qui s’invite à Bruxelles, je le perçois comme un signal qui n’annonce rien de bon pour les citoyens de confessions juive et musulmane. Une fois de plus, on discute de nous, pour nous et cette fois contre nous.
Je crains que le résultat des votes au Parlement bruxellois me contraigne à ne plus pouvoir manger de viande issue d’élevage belge conformément à mes convictions. J’ai cette même crainte pour mes enfants qui ne pourront plus avoir de viande dans leur repas comme tous leurs camarades, que ce soit à la maison ou à la cantine.
Aussi, je crains pour tous ces emplois directs et indirects qui dépendent de ce secteur à Bruxelles : bouchers, restaurateurs, tenanciers de snack…
Le simple fait de mentionner qu’il y ait un débat sur l’abattage rituel à Bruxelles met tout une filière dans la précarité. Un entrepreneur qui souhaite ouvrir un restaurant ou un snack réfléchira à deux fois avant de se lancer.
Vraiment, je suis inquiet.
Si le droit européen permet de déroger à l’étourdissement obligatoire des animaux lors de leur abattage, c’est pour garantir à toutes et tous l’équité jusque dans nos assiettes.
Ne plus reconnaître cette dérogation en interdisant la pratique rituelle conforme à nos convictions, c’est un pas vers l’inégalité des citoyens en raison de leur pratique – quoi qu’en disent les Cours de Justice – c’est comme ça que je le vis, c’est ainsi que je le ressens.
Et croyez-moi, c’est le sentiment que partage un bon nombre de concitoyens de confessions juive et musulmane.
J’aime Bruxelles, la Ville qui m’a vu naître et grandir, qui m’a donné toutes mes chances d’être diplômé, d’avoir un travail, de fonder une famille.
Je veux que mes enfants grandissent dans cette atmosphère, qu’ils aient conscience d’être reconnus comme faisant partie intégrante et contributrice de cette cité.
Pour cela, il faut faire barrage à toute volonté de réduire nos droits. Chaque pas vers une inégalité est une injustice qu’il faut pouvoir reconnaître et combattre.
J’espère que ces quelques lignes vous auront montré l’ampleur de mes inquiétudes sur ce sujet qui risque d’affecter un bon nombre de citoyens bruxellois quotidiennement toute une vie durant.
J’ose espérer votre soutien à la préservation de notre droit, à savoir le maintien de l’abattage rituel à Bruxelles.
Je vous prie de bien vouloir recevoir, Madame la Députée, Monsieur le Député, l’expression de ma plus haute considération.

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