Edité par Lhoucine BENLAIL Directeur SAWTALHAKIKA pour l’Europe
Dans une lettre ouverte, l’imam belgo-marocain Mohamed Tojgani, dont le titre de séjour a été retiré, réfute les accusations et reproL’imam expulsé de Belgique réfute les accusations : Ce n’est pas digne d’un pays démocratiqueches qui lui sont faits, notamment par la Sûreté de l’Etat. Celui qui a vécu 40 ans en Belgique dénonce la décision « arbitraire » du secrétaire d’Etat Sammy Mahdi et pointe ses « visées électoralistes ». « Je lutte contre le radicalisme sous toutes ses formes », se défend encore le chef religieux.
Arrivé en 1982 alors qu’il n’avait pas la trentaine, Tojgani nie avoir incité à la haine ou tenu des prêches extrémistes. “Avec mes frères, nous réfutons toujours le radicalisme en dénonçant toute forme d’extrémisme qui s’appuie sur les méthodes d’insultes, d’accusations d’égarement, de dénigrement, de discrédit, de détournement et d’anathème”, indique-t-il dans sa lettre.
« Sammy Mahdi est déjà en campagne électorale. (…) Il faut savoir que M. Tojgani n’est plus l’imam de la mosquée Al Khalil depuis un an et demi. Pourquoi cette décision vient-elle maintenant ?
Georges-Henri Beauthier, l’avocat de l’imam
“Aucun avertissement, aucun interrogatoire concernant mes discours ne m’ont été donnés, que ce soit par la Sûreté de l’Etat ou les autorités judiciaires, jusqu’à ce que j’atteigne l’âge de la retraite en 2020. Je précise que je n’ai jamais fait l’objet d’une convocation en justice, et qu’aucune transgression de la loi m’a été imputée. Par conséquent, mon casier judiciaire est vierge et dépourvu de toute ambiguïté ou accusation. C’est à l’approche de mes 70 ans que j’ai appris avec étonnement cette décision administrative totalement arbitraire, qui portait atteinte à mes droits, qui contredisait absolument le jugement accordant la nationalité, réfutant toutes les accusations portées contre moi, sans aucune preuve. Je vous rappelle que le Tribunal civil de première instance m’a permis, par jugement du 1er octobre 2021, de devenir Belge”, poursuit-il.
“Ce n’est pas digne d’un pays démocratique comme la Belgique”
Comment alors expliquer la décision de Sammy Mahdi, qui invoque des informations des services de sécurité, sans donner plus de détails ? L’imam parle d’une “décision injuste de la part de celui qui considérait les étrangers comme une voie d’accès politique à son projet électoral et la justification de sa carrière politique sur le compte des étrangers et malheureusement des migrants”. Ce style n’est pas civilisé et n’est pas digne d’un pays démocratique comme la Belgique ».
Georges-Henri Beauthier, l’avocat de l’imam, confirme que la décision du secrétaire d’État se fonde uniquement sur des « visées électorales », sans vouloir en dire plus. « Sammy Mahdi est déjà en campagne électorale. (…) Il faut savoir que M. Tojgani n’est plus l’imam de la mosquée Al Khalil depuis un an et demi. Pourquoi cette décision vient-elle maintenant ? Il faut se poser la question ».
Imam accusé d’extrémisme
Qu’est-ce qui est concrètement reproché à l’imam ? Ce serait un rapport de la Sûreté de l’État. Ce document reproche à l’intéressé d’avoir contribué à la diffusion d’idées extrémistes en Belgique, notamment par le biais de discours antisémites. De plus, il aurait aussi fait partie d’un réseau qui recrutait des jeunes pour le djihad.
Selon Georges-Henri Beauthier, l’ex-imam de la mosquée Al Khalil de Molenbeek, très influent auprès de la communauté musulmane, attend “avec confiance” le jugement qui interviendra à la suite du recours introduit devant le conseil du contentieux des étrangers contre le décision du secrétaire d’État à l’Asile et à la Migration. Une plainte auprès du comité R, l’organe de surveillance des services de renseignement, a également été déposée.
Dans sa lettre ouverte, Tojgani écarte également les accusations d’espionnage et, tout en reconnaissant “son échec à perfectionner l’apprentissage des langues”, il affirme que “chacun peut témoigner de l’ampleur de mon rôle et de mon influence dans la communication et le dialogue”.
Par conséquent, si vous m’avez retiré mon titre de séjour, vous ne pouvez pas m’enlever mon sentiment de citoyenneté et d’appartenance à la Belgique, et la Belgique et sa capitale Bruxelles resteront dans mon cœur et mon existence. .
Imam Tojgani à Sammy Mahdi
A la fin de son texte, l’imam qui séjourne actuellement au Maroc s’adresse même personnellement à Sammy Mahdi. « C’est pourquoi je le dis et le répète au secrétaire d’État qui a pris l’initiative de cette décision arbitraire portant atteinte à mes droits : l’appartenance à une patrie ne se réduit pas à des documents. D’autre part, il s’exprime par le sentiment, l’amour, l’attachement et le rayonnement à son service ainsi que la préservation de ses composants. Donc, si vous m’enlevez mon titre de séjour, vous ne pouvez pas m’enlever mon sentiment de citoyenneté et d’appartenance à la Belgique, et la Belgique et sa capitale, Bruxelles, resteront dans mon cœur et dans mon existence. . Ceci même si vous m’interdisez d’entrer en Belgique. Vous n’aurez pas la capacité d’empêcher la présence de la Belgique dans mon être et dans mon for intérieur. Elle est avec moi où que je sois. La terre de Dieu est vaste ».
L’avocat de l’imam ne sait pas exactement quand il plaidera la cause de son client. « Il y a deux affaires, administrative et judiciaire. Les deux doivent encore être corrigés. Cela peut être une question de semaines ou de mois, cela dépend. En tout cas, ce qui m’impressionne c’est son calme, son sourire, sa détermination. Il ne lâchera rien. (…) C’est un homme avec femme et enfants belges, bien intégré dans la société belge et qui attend de pouvoir y retourner. (…) Ce n’est pas l’extrémiste que l’on dépeint », confie encore son avocat ce vendredi.






