Edité par Lhoucine BENLAIL Directeur Officiel SAWTHAKIKA pour l’Europe
Sous la majestueuse et lourde dais de bois sculpté qui les met à l’ombre d’un soleil de plomb, le Sultan Haitham ben Tarek, le Roi Philippe et la Reine Mathilde écoutent sans sourciller l’interprétation de notre hymne national par la fanfare militaire omanaise. Puis le chef de l’Etat invite le couple royal belge à saluer une rangée de hauts dignitaires omanais. Celles-ci sont reconnaissables à la cape noire tissée en un voile extra-fin, presque évanescent, qui ne cache pas le dishdasha blanc immaculé, mais aussi au kandjar, le poignard d’apparat, porté à la ceinture de leur habit traditionnel. Le Roi s’incline légèrement devant chacun d’eux, son masque bien posé sur son visage royal. Le sultan, à visage découvert, adresse une vigoureuse poignée de main à chacun des membres de la délégation officielle belge. Evidemment, à Oman, le virus n’ose pas s’attaquer au souverain ou à ses proches. Déjà la veille, son fils, le prince héritier et ministre de la Culture, des Sports et de la Jeunesse Sayyid Theyazin Haitham Al Said ne se protégeait plus.
Le sultan a mis les petits plats dans les grands à l’occasion de cette visite officielle belge. Il faut dire que, depuis son accession au Trône le 11 janvier 2020, le roi Philippe est le premier chef d’Etat européen à le rencontrer officiellement à Mascate. Philippe fut également le premier à s’y rendre à la mort de son prédécesseur, le sultan Qaboos Abn Said, décédé à l’âge de 79 ans après un règne de 50 ans. Il a tenu à lui rendre un vibrant hommage. Les deux familles royales entretiennent les meilleures relations et du coup, nos deux pays ont les meilleures relations diplomatiques possibles.
Haitham n’est pas le fils de Qaboos, mais son cousin. Ce dernier, célibataire et sans enfants ni frères, le désigne pour lui succéder à sa mort. Qaboos n’a cessé tout au long de son règne d’un demi-siècle de moderniser son pays et de jouer un rôle de modérateur dans une péninsule arabique traversée par des tensions, notamment à cause de l’inimitié notoire entre les États-Unis, alliés des États arabes de la région et l’Iran. Son successeur, qui a étudié à Oxford et a été sous-secrétaire du Foreign Office, partage la même vision pacifique de la diplomatie.
Un pays pacifique dont l’emblème est toujours un poignard kandjar superposé à deux épées croisées. Et précisément lors du traditionnel échange de cadeaux officiels, le Roi a reçu une magnifique épée. Il a également été élevé au rang le plus élevé de l’ordre civil omanais de première classe.Ce jeudi, journée la plus protocolaire de cette visite, le Roi, accompagné de la Vice-première en charge des Affaires étrangères Sophie Wilmès, a par ailleurs participé à des entretiens bilatéraux sur le thème de la transition vers les énergies vertes et la coopération innovante entre nos deux pays en la matière. La Reine s’est, elle, longuement entretenue avec l’épouse du sultan, l’Honorable Lady Ahad bint Abdallah ben Hamad Al Saïd, à qui son époux a confié de véritables fonctions de représentation. Ce qui est plutôt moderne dans la région.
Dans l’après-midi, le couple royal a découvert la Grande Mosquée du Sultan Qaboos, principal lieu de culte d’Oman. Financé et commandé par le sultan Qabus ibn Said, il a été inauguré en 2001. Il est célèbre pour son tapis, le plus grand tapis noué main d’un seul tenant (70 sur 60 mètres), mais aussi son lustre, le plus grand du monde, entièrement sertie d’or 24 carats. Comme toutes les dames de la délégation, la Reine a couvert ses cheveux d’un voile, rouge comme le masque anti-covid et la tenue flamboyante de la souveraine.







