L’assassinat du général Soleimani révèle le régime terroriste américain (analyse)

مدير النشر15 فبراير 2022Last Update :
L’assassinat du général Soleimani révèle le régime terroriste américain (analyse)

Edité par Lhoucine BENLAIL Directeur Officiel SAWTHAKIKA pour l’Europe

Source : kla TV
Dans la matinée du 3 janvier, le général iranien Qasem Soleimani a été assassiné de manière ciblée au moyen d’un drone américain. Pour justifier cet assassinat, le président américain Donald Trump a décrit l’homme tué comme une menace imminente pour les États-Unis et a parlé de lui en évoquant des terroristes tels que le chef de l’EI, al-Baghdadi, qui avait également été assassiné par les États-Unis peu de temps auparavant. Il y a des années le prétendu terroriste Soleimani avait aidé les États-Unis en tant qu’allié pour combattre les terroristes dans la ville irakienne de Jurf Al Sakhar. Le gouvernement Trump n’avait rien de concret à montrer pour justifier l’attaque du drone sans avoir interrogé au préalable le Congrès américain.

Le sénateur républicain Mike Lee a même trouvé les raisons invoquées « offensantes », « humiliantes » et « anti-constitutionnelles ». Quelle était donc la véritable raison pour laquelle l’ancien allié contre le terrorisme a été déclaré à la hâte terroriste, et assassiné ? Si l’on considère le but du voyage du général Soleimani à Bagdad, l’assassinat est encore plus significatif : Soleimani voulait rencontrer directement le dernier Premier ministre irakien, Adil Abd al-Mahdi à Bagdad pour répondre à une offre de paix de la part de l’Arabie Saoudite. L’Irak devait jouer un rôle de médiateur dans cette affaire. Al-Mahdi a même informé Trump de la réunion, après quoi Trump l’a remercié pour cette avancée. Al-Mahdi a alors considéré que la sécurité de Soleimani était garantie. Mais ensuite, Soleimani a été tué par une attaque américaine visant son convoi, juste avant la rencontre avec Al-Mahdi.

L’Arabie Saoudite et l’Iran sont depuis des années considérés au Moyen-Orient, comme des puissances régionales ennemies. Le conflit justifie la présence américaine avec de nombreuses bases militaires dans la région. L’inimitié entre les deux pays a conduit à deux guerres par procuration qui se poursuivent encore aujourd’hui dans la région : la « guerre civile en Syrie », qui a éclaté en 2011, et depuis 2015, la guerre au Yémen, qui a conduit le pays à une catastrophe humanitaire qui dure depuis des années. Les États-Unis utilisent ces deux guerres pour leurs propres intérêts. Depuis 2014, ils envahissent l’espace aérien syrien avec leur armée de l’air et y renforcent leur présence. Ils apportent leur soutien à l’Arabie Saoudite, contre le Yémen. Le président Trump en personne s’est rendu en Arabie Saoudite en 2017 pour conclure le plus gros contrat d’armement de l’histoire : Il a vendu des armes pour une valeur record de 100 milliards de dollars dans ce pays en guerre. Si la mission diplomatique du général Soleimani avait été couronnée de succès, elle aurait pu apporter la paix aux cinq pays voisins : l’Arabie Saoudite, l’Iran, l’Irak, le Yémen et la Syrie. Le fait que Trump ait qualifié Soleimani de terroriste après son assassinat, est donc considéré comme un « cynique mensonge » par Al-Mahdi, qui voulait le recevoir en tant que diplomate,. Ron Paul, trois fois candidat à la présidence des États-Unis et membre de longue date du Congrès, considère également le meurtre de Soleimani comme un frein direct aux pourparlers de paix entre l’Arabie saoudite et l’Iran. Etait-ce là justement le projet ? La suspicion est évidente, puisque l’influence des États-Unis sur l’Arabie saoudite semble diminuer. Lors de sa visite en octobre dernier, le président russe Poutine a proposé à ce pays de se séparer des États-Unis sur le plan politique, économique et militaire. Ainsi, un accord de paix avec les pays voisins rendrait à long terme l’Arabie saoudite encore plus indépendante des États-Unis et de ses bases militaires. Afin de préserver leur position au Moyen-Orient, les États-Unis voulaient visiblement démontrer qu’ils n’accepteraient pas de négociations avec l’Iran.

Sinon, comment pourraient-ils déclarer qu’une mission diplomatique dont ils ont connaissance constitue une menace directe ? De la même manière, en 2016, les États-Unis avaient déjà assassiné le chef des talibans, le mollah Akhtar Muhammad Mansur, par une attaque par drone. Ce dernier voulait négocier une fin pacifique à l’occupation américaine de l’Afghanistan. La mort de Mansur a renforcé les partisans de la ligne dure sous les talibans et a conduit à une augmentation de la violence dans tout le pays, détruisant les espoirs de négociations pour un retrait des troupes américaines. Dans ces circonstances, la question se pose de savoir qui mérite vraiment d’être considéré comme un terroriste et une « menace imminente »?
Nous remercions gracieusement Johannes R, jmr

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